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Tout savoir sur l’astigmatisme

L’astigmatisme est un trouble de la réfraction dû, le plus souvent, à une cornée dont la courbure n’est pas régulière. L’image ne se forme pas en un point net sur la rétine : la vision devient floue ou déformée, de loin comme de près. Fréquent et souvent léger, il fait partie des principaux problèmes de vue, ceux qui se corrigent avec des lunettes ou des lentilles adaptées.

Encore faut-il comprendre son ordonnance : le cylindre et l’axe qui y figurent servent à fabriquer des verres toriques sur mesure. Votre opticien à Tours centre s’appuie sur ce chiffrage pour orienter les verres avec précision devant chaque œil. Définition, symptômes, lecture de l’ordonnance, verres et lentilles toriques : voici l’essentiel pour y voir clair.

Qu’est-ce que l’astigmatisme ?

Un œil sans défaut possède une cornée presque sphérique, comme un ballon de football : les rayons lumineux convergent en un seul point sur la rétine. Chez l’astigmate, la cornée ressemble plutôt à un ballon de rugby. Deux axes perpendiculaires, appelés méridiens, n’ont pas la même puissance : au lieu d’un point net, l’œil forme deux lignes de mise au point décalées.

Selon ameli.fr, l’astigmatisme est principalement lié à une atteinte de la cornée. Plus rarement, il vient du cristallin, la lentille située derrière l’iris : l’astigmatisme est alors dit interne.

Astigmatisme régulier ou irrégulier

Dans l’astigmatisme régulier, le plus courant, les deux méridiens principaux sont perpendiculaires : des verres ou des lentilles le corrigent bien. L’astigmatisme irrégulier, lié par exemple à une cicatrice de la cornée ou à un kératocône, déforme la surface de façon inégale. Les lunettes le corrigent alors mal, et des lentilles rigides deviennent souvent nécessaires.

D’où vient l’astigmatisme ?

Chez l’enfant, l’Assurance maladie distingue trois origines. La plus fréquente est congénitale : cet astigmatisme est souvent faible, sans symptôme, et s’estompe avec la croissance de l’œil. Viennent ensuite le traumatisme de la cornée qui laisse une cicatrice, puis les maladies de la cornée comme le kératocône, qui se déclare en moyenne entre 20 et 30 ans.

Une opération de l’œil, comme une greffe de cornée ou une chirurgie de la cataracte, peut aussi modifier la courbure de la cornée et faire apparaître un astigmatisme.

Quels sont les symptômes de l’astigmatisme ?

Un astigmatisme faible passe souvent inaperçu. Plus l’astigmatisme est marqué, plus les signes deviennent nets :

  • une vision floue ou déformée, de loin comme de près ;
  • des lignes verticales, horizontales ou obliques plus ou moins nettes selon leur orientation ;
  • la confusion de lettres ou de chiffres proches, comme H, M et N ou 8 et 0 ;
  • des lumières qui paraissent étirées ou entourées de halos la nuit, avec une conduite nocturne moins confortable ;
  • une impression d’image dédoublée ;
  • des yeux plissés, une fatigue visuelle et des maux de tête après la lecture ou l’écran.

Ces signes ne sont pas propres à l’astigmatisme : une fatigue visuelle peut avoir d’autres causes, et seul un examen de la réfraction et de l’acuité visuelle confirme le diagnostic.

Repérer un astigmatisme chez l’enfant

Un jeune enfant se plaint rarement de sa vue. L’Assurance maladie invite à repérer un enfant qui plisse les yeux, se rapproche des objets ou de la télévision, louche, a les yeux rouges, des mouvements involontaires des yeux (nystagmus) ou décroche en classe. Plus grand, il peut décrire un flou, une vision double ou des maux de tête.

Le dépistage précoce évite des complications : selon un rapport de la Haute Autorité de santé, les troubles de la réfraction, dont l’astigmatisme, constituent la principale cause d’amblyopie, un œil dont la vision se développe mal faute d’image nette.

Astigmatisme, myopie, hypermétropie : quelles différences ?

La myopie brouille la vision de loin, l’hypermétropie oblige l’œil à forcer pour voir net, surtout de près, tandis que l’astigmatisme déforme l’image à toutes les distances. Les deux premiers troubles tiennent surtout à la longueur de l’œil, le troisième à la courbure de la cornée.

Ces troubles se combinent souvent. La terminologie distingue l’astigmatisme myopique, quand les deux méridiens font leur mise au point en avant de la rétine, l’astigmatisme hypermétropique, quand ils la font en arrière, et l’astigmatisme mixte, quand un méridien est myope et l’autre hypermétrope. Un seul verre corrige l’ensemble.

La presbytie, elle, s’ajoute avec l’âge : un astigmate reste astigmate et devient aussi presbyte, généralement à partir de la quarantaine.

Comment lire une ordonnance d’astigmate ?

Pour chaque œil (OD pour l’œil droit, OG pour l’œil gauche), une ordonnance de lunettes comporte jusqu’à trois valeurs pour la vision de loin : la sphère, le cylindre entre parenthèses et l’axe en degrés, par exemple OD -1,00 (-1,50) 180°. Une addition s’y ajoute en cas de presbytie.

ÉlémentExempleCe qu’il indique
Sphère-1,00Correction de la myopie (signe -) ou de l’hypermétropie (signe +), en dioptries
Cylindre(-1,50)Puissance de la correction de l’astigmatisme, en dioptries
Axe180°Orientation du cylindre, de 0 à 180°
AdditionAdd +2,00Puissance ajoutée pour la vision de près, en cas de presbytie

Cylindre négatif ou positif

Une même correction peut s’écrire de deux façons. Les ophtalmologistes notent souvent le cylindre en négatif, certains documents en positif : -1,00 (-1,50) 180° équivaut exactement à -2,50 (+1,50) 90°. Pour passer de l’un à l’autre, additionnez la sphère et le cylindre, inversez le signe du cylindre et faites tourner l’axe de 90°. Deux ordonnances qui semblent différentes peuvent donc décrire la même vue.

Astigmatisme direct, inverse ou oblique

L’axe renseigne aussi sur le type d’astigmatisme. En notation à cylindre négatif, un axe proche de 180° correspond à un astigmatisme direct, la forme la plus fréquente. Un axe proche de 90° traduit un astigmatisme inverse, et un axe intermédiaire, autour de 45° ou de 135°, un astigmatisme oblique.

Astigmatisme faible, moyen ou fort

Les seuils varient selon les sources. Un cylindre inférieur à 1 dioptrie est généralement qualifié de faible, et la plupart des références parlent d’astigmatisme fort au-delà de 2 à 3 dioptries. Au-delà du chiffre, la gêne ressentie et l’examen de l’ophtalmologiste guident la décision de corriger.

Un changement d’axe mérite aussi l’attention. La Haute Autorité de santé recommande à l’opticien d’orienter vers l’ophtalmologiste toute personne dont l’axe a tourné d’au moins 20° avec un astigmatisme de 0,75 dioptrie ou plus, ou dont la correction a varié d’une dioptrie ou plus en un an.

Corriger l’astigmatisme avec des verres toriques

Un verre torique, aussi appelé verre cylindrique, n’a pas la même puissance dans toutes les directions : il compense la différence entre les deux méridiens de l’œil. Son orientation doit correspondre à l’axe prescrit, d’où l’importance du montage et du centrage réalisés par l’opticien.

Le cylindre se combine avec la sphère dans un seul verre : unifocal pour un myope ou un hypermétrope astigmate, progressif pour un presbyte astigmate. Les verres progressifs pour presbytes intègrent eux aussi la correction de l’astigmatisme.

Une nouvelle correction d’astigmatisme, surtout si le cylindre ou l’axe change nettement, demande parfois quelques jours d’adaptation : sol qui paraît incliné, objets légèrement déformés. Si la gêne persiste, faites contrôler vos lunettes, car un défaut de centrage ou d’axe se rectifie.

Les verres toriques existent en classe A, celle du panier 100 % Santé, comme en classe B, à tarifs libres, où le remboursement dépend du forfait optique de votre mutuelle.

Lentilles toriques et autres solutions

Les lentilles de contact toriques

Les lentilles souples toriques corrigent la plupart des astigmatismes réguliers. Leur dessin les stabilise sur l’œil pour que la correction reste orientée dans le bon axe malgré les clignements. En cas d’astigmatisme irrégulier ou de kératocône, des lentilles rigides perméables à l’oxygène recréent une surface régulière devant la cornée.

L’adaptation se fait sur prescription et suppose une hygiène rigoureuse pour limiter le risque d’infection. Selon ameli.fr, l’Assurance maladie ne rembourse les lentilles que pour certaines indications, dont l’astigmatisme irrégulier et le kératocône, sur la base d’un forfait annuel par œil ; votre mutuelle peut compléter selon votre contrat.

La chirurgie réfractive

Chez l’adulte dont la vue est stable, un chirurgien ophtalmologiste peut proposer un laser (PKR, LASIK ou extraction lenticulaire) ou des incisions arciformes au laser femtoseconde, qui réduisent certains astigmatismes sans retirer de tissu, d’après la fiche d’information de la Société française d’ophtalmologie. Lors d’une opération de la cataracte, un implant torique peut aussi compenser l’astigmatisme de la cornée.

La Société française d’ophtalmologie détaille les risques de ces traitements et rappelle que le résultat n’est jamais garanti totalement, qu’une correction complémentaire reste parfois nécessaire et que, pour des yeux sans pathologie, ces opérations ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. ameli.fr précise que la chirurgie réfractive n’est possible qu’à partir de 18 ans et sur un défaut visuel stable.

Idées reçues sur l’astigmatisme

Lire dans la pénombre rend-il astigmate ?

Non. L’astigmatisme tient à la forme de la cornée : l’Assurance maladie cite une origine congénitale, un traumatisme ou une maladie de la cornée. Un faible éclairage rend la lecture plus fatigante et peut accentuer un flou existant, sans modifier la courbure de l’œil.

Faut-il porter ses lunettes en permanence ?

Pas forcément. Un astigmatisme faible et sans gêne ne demande pas toujours de correction, comme le rappelle l’Assurance maladie pour l’enfant. Lorsqu’une correction est prescrite, le port permanent ou ponctuel dépend du degré et des symptômes : l’ophtalmologiste vous l’indique.

L’astigmatisme s’aggrave-t-il avec l’âge ?

Chez le jeune enfant, l’astigmatisme est très évolutif, en particulier jusqu’à 5 ans selon ameli.fr, d’où un suivi régulier. Chez l’adulte, une correction qui change nettement en peu de temps doit être signalée : elle peut révéler une maladie de la cornée comme le kératocône, que l’ophtalmologiste recherche.

Peut-on porter des lentilles quand on est astigmate ?

Oui. Les lentilles toriques, souples ou rigides, sont conçues pour corriger l’astigmatisme. Leur adaptation se fait sur prescription, avec un suivi pour vérifier la tolérance et l’orientation de la lentille.

Quand consulter pour un astigmatisme ?

Prenez rendez-vous chez l’ophtalmologiste dans ces situations :

  • votre vision est floue ou déformée de loin comme de près ;
  • vous ressentez une fatigue visuelle ou des maux de tête après la lecture ou l’écran ;
  • vos lunettes actuelles ne vous donnent plus une vision nette ;
  • votre enfant plisse les yeux, se rapproche des écrans ou louche.

Une baisse brutale de la vision, un œil rouge et douloureux ou une vision double d’apparition récente demandent une consultation rapide. Pour un simple renouvellement, l’opticien peut adapter vos lunettes à partir de 16 ans avec une ordonnance en cours de validité, sauf opposition du médecin.

Cette page d’information générale ne remplace pas l’avis d’un ophtalmologiste.

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