La monophtalmie, ou le fait d’être borgne, concerne les personnes qui ne voient que d’un seul œil. Cette situation touche environ 60 000 personnes en France et peut survenir à la suite d’un accident, d’une maladie des yeux ou d’une malformation congénitale. Perdre la vue d’un œil bouleverse le quotidien, mais avec un accompagnement adapté, la plupart des personnes retrouvent une vie normale.
Être borgne : qu’est-ce que cela signifie ?
Définition de la monophtalmie
On dit qu’une personne est borgne lorsqu’elle ne peut utiliser qu’un seul œil pour voir. En médecine, on parle de monophtalmie ou de vision monoculaire. Cette condition peut résulter de la perte totale de la vision d’un œil, ou de la nécessité de couvrir un œil pour éviter la vision double (diplopie).
Perte partielle ou complète
La perte de la vision monoculaire peut être partielle ou complète. En cas de perte partielle, il reste une certaine vision dans l’œil affecté, ce qui aide à la vision périphérique et à un certain degré de perception de la profondeur. La majorité des personnes parviennent à s’adapter avec le temps et à reprendre un mode de vie normal.
Pourquoi devient-on borgne ?
Les causes principales
Plusieurs situations peuvent entraîner une perte de vision soudaine ou progressive : inflammation oculaire, vascularite, traumatisme (accident, blessure), ou dysfonctionnement mécanique. La cause la plus fréquente reste l’infarctus oculaire, une lésion ischémique qui provoque une perte de vision permanente.
Certaines pathologies comme la cataracte, le glaucome, la DMLA ou la rétinite pigmentaire peuvent également conduire à la perte fonctionnelle d’un œil si elles ne sont pas prises en charge à temps.
Les conséquences au quotidien
Les principales conséquences sont l’absence de perception de la profondeur et une vision périphérique réduite du côté de l’œil atteint. Ces limitations rendent certaines tâches quotidiennes plus complexes : conduire, verser un liquide, attraper un objet en mouvement, ou évaluer les distances.
Comment s’adapter à la vie avec un seul œil ?
L’adaptation du cerveau
Il faut du temps pour s’adapter, tant sur le plan émotionnel que pratique. Votre système visuel doit apprendre à fonctionner différemment. Le cerveau compense progressivement en utilisant d’autres indices visuels (taille relative des objets, ombres, perspective) pour estimer les distances.
Les solutions de rééducation
Plusieurs interventions peuvent aider une personne borgne à retrouver son autonomie :
- Stratégies de compensation : apprendre à tourner la tête pour compenser la perte du champ visuel latéral
- Rééducation visuo-motrice : exercices pour retrouver les repères de profondeur par l’expérience
- Équipement optique adapté : un verre protecteur pour l’œil sain, et des lunettes avec traitement anti-reflets pour optimiser le confort
- Suivi régulier : surveillance rapprochée de l’œil restant pour préserver sa santé
Chirurgie sur l’œil restant : que faut-il savoir ?
Lorsqu’une intervention doit être pratiquée sur l’œil sain, des précautions particulières s’imposent. Le médecin doit informer le patient des risques, des bénéfices et du temps de récupération nécessaire. Pendant la phase postopératoire, la vision peut être temporairement réduite, ce qui est particulièrement stressant pour une personne qui ne dispose que d’un seul œil fonctionnel.
Questions fréquentes sur la monophtalmie
Peut-on conduire quand on est borgne ?
Oui, sous conditions. La réglementation française exige une acuité visuelle minimale de 5/10 avec l’œil fonctionnel et un champ visuel horizontal d’au moins 120 degrés. Un avis médical et un examen spécifique sont nécessaires pour obtenir ou conserver le permis de conduire.
La perte d’un œil est-elle reconnue comme handicap ?
Oui. La monophtalmie est reconnue par la MDPH avec un taux d’incapacité pouvant atteindre 25%. Ce taux varie selon l’acuité résiduelle et les répercussions sur la vie quotidienne et professionnelle.
Quelles lunettes porter quand on est borgne ?
Un verre correcteur pour l’œil fonctionnel et un verre de protection (incassable) pour l’œil atteint sont recommandés. Le traitement anti-reflets et un bon centrage sont essentiels pour un confort optimal. Votre opticien à Tours peut vous conseiller sur les montures les mieux adaptées.
Combien de temps dure l’adaptation à la vision monoculaire ?
L’adaptation varie selon les personnes, mais elle prend en général 3 à 6 mois pour les gestes du quotidien. La rééducation orthoptique peut accélérer ce processus. La plupart des patients retrouvent une bonne autonomie après cette période.
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